Au cirque Bouglione

Arts/Bazarts, Balades parisiennes, Belles choses, Musiques, Petits bonheurs, Pour les enfants

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C’était, dans le Cirque d’Hiver magnifiquement mis en lumière, une représentation du dernier spectacle du Cirque Bouglione, intitulé « Festif ». Beau spectacle, plein de magie, de musique et d’outrance, agréablement animé par un Monsieur Loyal plus vrai que nature et scandé par de beaux intermèdes de danse.

Cette énergie, cette ferveur, ce professionnalisme et cette richesse de moyens, bien éloignés de la tristesse  un peu misérabiliste avec laquelle – la faute à La Strada ? – j’ai toujours considéré le cirque, donnait envie de redécouvrir le genre et d’aller assister au spectacle de l’autre partie de la famille Bouglione, restée itinérante, et qui anime le cirque Joseph Bouglione, actuellement à Trappes.

PS : J’aimais bien l’homme, assis devant moi, qui figure sur la photographie. Avec ses grosses lunettes et son bonnet plissé, il me rappelait le gentil grand-père du film Charlie et la chocolaterie.

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Catherine Nataf Muller, Pierre Muller, Geoffroy Vauthier, un concert à l’église américaine de Paris

Arts/Bazarts, Belles choses, Musiques

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C’était à l’église américaine de Paris (ACP – American Church in Paris), un dimanche de janvier. Un concert avait été organisé avec, à son programme,  un concerto de Frédéric Chopin et des œuvres chantées de Charles Gounod.

Les pianistes étaient Pierre Muller et Geoffroy Vauthier ; la cantatrice était Catherine Nataf Muller. Ce fut un moment de musique très agréable, balancé entre la sévérité du concerto n° 1 op. 11 de Chopin, que servait le talent des deux pianistes, et la légèreté des mélodies de Gounod, qu’éclairait la grâce de Catherine Nataf Muller.

Le morceau qu’on peut entendre s’intitule : « Tu m’aimes », une mélodie de Charles Gounod sur un poème de Marie Barbier.

Ce texte parle de l’amour et des élans du cœur.

Ce soir là, justement, Katia m’apprenait que nous avons deux cœurs : « le cœur droit est à basse pression et contient du sang noir venant des veines caves, qui s’abouchent dans l’oreillette droite. Le cœur gauche est à haute pression et contient du sang rouge oxygéné qui gagne l’oreillette gauche par les veines pulmonaires ».

A deux, cela fait donc quatre cœurs, sans compter ceux des petits enfants.

La description clinique n’épuise pas la complexité du processus ; elle épuise encore moins le sujet, sur lequel on reviendra.

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Châtelet-Les Halles

Balades parisiennes, Machines, Sons des rues, trous

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La station Châtelet-Les Halles, où se rencontrent trois lignes de RER et cinq lignes de métro (sans parler du centre commercial et des lignes de bus situées en surface) est, paraît-il la plus grande gare souterraine du monde : 750 000 voyageurs y passent tous les jours, dont près de 500 000 pour le seul RER.

Aux heures de pointe, cela se sent : essayer de monter dans une rame du RER A entre 8h30 et 9h du matin est une épreuve et il faut le plus souvent laisser passer plusieurs rames, dans l’attente de l’arrivée d’une rame Altéo, à deux étages, seule capable d’absorber une partie non négligeable de la foule qui se presse, sur plusieurs rangs, le long des quais.

C’est à ces moments qu’entrent en scène ces drôles d’agents de la RATP qui jouent comme ils le peuvent un rôle complexe de gardien-accompagnateur-médiateur-dompteur : ils invitent les voyageurs à s’éloigner du quai, tentent de calmer les tensions qui, très rapidement, peuvent monter dans la foule ; ils aident aussi à la fermeture des portières comme on le fait d’une valise trop remplie, allant, de temps à autre, décoincer une chaussure prise entre deux portes.

Tout cela, dans le vacarme des motrices, le sifflement des freins, les messages inaudibles déversés par les hauts-parleurs et les cris et disputes des voyageurs exaspérés…

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La princesse au petit pois (lecture)

Audiobook, Contes d'Andersen, Contes de fées, Fables, contes, histoires et romans, Lecture à voix haute, Pour les enfants

princesse pois

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La princesse au petit pois (The Princess and the Pea, en anglais) est un charmant et tout petit récit de Hans-Christian Andersen. Ce n’est pas un conte de fées mais l’histoire d’une princesse, plus exactement celle d’un jeune homme parti en quête d’une vraie princesse, revenu bredouille de ses voyages et qui finira par trouver chez lui ce qu’il était aller chercher au loin – grâce à une idée malicieuse de sa mère – idée qui donne son titre à l’historiette.

Tant de thèmes et d’inventivité dans un si court texte, on croirait un haïku !

Voici le conte :

Il était une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie princesse. Il fit le tour de la terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait ; des princesses, il n’en manquait pas, mais étaient-elles de vraies princesses ? C’était difficile à apprécier, toujours une chose ou l’autre ne lui semblait pas parfaite. Il rentra chez lui tout triste, il aurait tant voulu avoir une véritable princesse.

Un soir, par un temps affreux, éclairs et tonnerre, cascade de pluie que c’en était effrayant, on frappa à la porte de la ville et le vieux roi lui-même alla ouvrir.

C’était une princesse qui était là dehors. Mais grands dieux ! de quoi avait-elle l’air dans cette pluie, par ce temps ! L’eau coulait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par la pointe de ses chaussures et ressortait par le talon … et elle prétendait être une véritable princesse !

- Nous allons bien voir ça, pensait la vieille reine, mais elle ne dit rien. elle alla dans la chambre à coucher, retira la literie et mit un petit pois au fond du lit ; elle prit ensuite vingt matelas qu’elle empila sur le petit pois et, par-dessus, elle mit encore vingt édredons en plumes d’eider. C’est là-dessus que la princesse devrait coucher cette nuit-là.

Au matin, on lui demanda comment elle avait dormi.

- Affreusement mal, répondit-elle, je ‘n’ai presque pas fermé l’oeil de la nuit. Dieu sait ce qu’il y avait dans ce lit. J’étais couchée sur quelque chose de si dur que j’en ai des bleus et des noirs sur tout le corps ! C’est terrible !

Alors, ils reconnurent que c’était une vraie princesse puisque, à travers les vingt matelas et les vingt édredons en plume d’eider, elle avait senti le petit pois. Une peau aussi sensible ne pouvait être que celle d’une authentique princesse.

Le prince la prit donc pour femme, sûr maintenant d’avoir une vraie princesse et le petit pois fut exposé dans le cabinet des trésors d’art, où on peut encore le voir si personne ne l’a emporté.

Et ceci est une vraie histoire.

On pourra également écouter :

En français :

En anglais :

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Carte de voeux 2010 : La romance de Paris

Balades parisiennes, Belles choses, Musiques, Petits bonheurs, poésie

Furstenberg

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En cadeau de nouvelle année, la « Romance de Paris« , de Charles Trenet, chantée avec allant par les Bibous, suivie d’une intéressante discussion sur la meilleure façon de la chanter …

… et, pour illustrer cette jolie ballade, une photo de la charmante place de Furstenberg.

Bonne année à tous !

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Les quatre frères adroits (lecture)

Audiobook, Contes de Grimm, Contes de fées, Fables, contes, histoires et romans, Lecture à voix haute, Pour les enfants

angelique

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L’image (un dessin mis en couleurs avec  ArtRage) pourrait figurer Andromède ou l’Angélique du Roland furieux mais elle représente une scène d’un conte de Grimm intitulé Les quatre frères adroits (The Four Clever Brothers, en anglais).

L’un des principaux épisodes de ce conte raconte en effet la façon dont les quatre héros (les quatre frères, dont chacun est devenu habile dans un art particulier) vont coopérer pour délivrer une princesse que tient prisonnière, sur un rocher solitaire au milieu des flots, un monstre. Ils y arriveront mais leur réussite étant le fruit de leur coopération, aucun ne pourra en définitive gagner pour lui seul la main de la princesse, que son père a promis à qui la délivrerait. Les quatre frères n’épouseront donc pas la belle et, célibataires mais unis, ils règneront en partage sur un royaume dont leur presque beau-père leur fit don en dédommagement.

C’est un beau et riche conte, plein de surprises et d’épaisseurs : à cause de la scène du début et de la façon dont le père chasse presque ses enfants ; à cause de la façon dont chacun va faire connaissance avec ce qui deviendra sa science ; à cause de l’étrangeté hétéroclite des talents acquis par les quatre jeunes hommes, qui sont l’art du vol, celui de l’astronomie, celui de la chasse et celui de la couture ; à cause de cette curieuse épreuve qu’à leur retour, le père fait passer à ses fils ; à cause enfin du rappel inattendu du mythe d’Andromède et d’Angélique.

C’est une lecture qui a tenu les enfants en haleine.

On pourra écouter une lecture, en anglais, par Kristen McQuillin, dans le cadre de Librivox ;

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Sur les chemins de Porquerolles

Nature, Petits bonheurs, Porquerolles, Sons

chemins porquerolles

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C’était l’été, et, sous les pins qui nous protégeaient du soleil, nous nous promenions sur les sentiers de Porquerolles, goutant aux senteurs de la myrthe et du thym, au chant des cigales, à la caresse de la brise.

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La chèvre de Monsieur Seguin (lecture)

Audiobook, Fables, contes, histoires et romans, Lecture à voix haute, Pour les enfants

chevre seguin

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La Chèvre de Monsieur Seguin, je l’avais enregistré il y a plus de deux ans, mais cet enregistrement fait partie de ceux qui se sont perdus lors d’un des quelques incidents de serveur que j’ai connus. En voici un nouveau.

Ce joli conte d’Alphonse Daudet, tiré des Lettres de mon moulin, est inspiré d’un conte populaire provençal et narre les aventures d’une jeune chèvre indépendante et éprise de liberté, que ses aspirations conduiront à fuir la maison de son maître pour le bonheur et la beauté de la montagne – mais aussi la mort qu’y apporte le loup.

C’est une belle histoire, joliment écrite et joliment imaginée autour de personnages riches et attachants.

On pourra également écouter :

PS : Comme me l’a fait remarquer B., le loup a un air de cheval. C’est vrai.

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La place Sainte-Scarbes

Fontaines, Sons, Sons des rues, Toulouse

2009 11 15 sainte-scarbes

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En 1216, il y eu, place Sainte-Scarbes, une grande bataille entre les troupes de Simon de Montfort et les Toulousains :

« Quand les gens du comte de Montfort eurent ouï l’Ordre de leur seigneur, ils allèrent incontinent mettre le feu, les uns à Saint-Remesy, les autres à Joux-Aigues, les autres à la place de Saint-Étienne; il y eut là une grande batterie entre les gens de la ville et ceux du comte, tellement que ceux-ci furent obligés de se retirer dans l’église de Saint-Étienne, à la tour de Mascaron et dans la maison de l’évêque. On s’occupa à éteindre le feu, et quand il fut éteint, ceux de la ville firent de grandes tranchées et barrières pour s’opposer à leurs ennemis, et ils se renforcèrent tellement, et prirent tel courage qu’ils obligèrent une partie des autres à se retirer dans la maison du comte de Comminges. Ceux de la ville allèrent les chercher et les chassèrent de cette maison avec grand dommage. Quand le comte vit et ouït de quelle manière ceux de la ville traitaient ses gens, il sortit du château Narbonnais avec une grande quantité de monde, et alla tout droit à la place de Sainte-Scarbes, où vinrent se joindre à lui ceux qui étaient dans l’église de Saint-Étienne, dans la tour de Mascaron et dans la maison de l’évêque. Il vint aussi du secours à ceux de la ville, de la Croix de Baragnon. Là, ils se heurtèrent et se mêlèrent tellement que c’était grande pitié de voir ceux qui tombaient morts et blessés; et ceux de la ville en firent tant que le comte de Montfort et ses gens furent forcés de se retirer dans l’église. C’est chose incroyable que ce que firent ceux de la ville une fais qu’ils furent irrités et acharnés contre leurs ennemis, aimant autant mourir que de vivre et supporter ce que leur avait fait le comte sans aucune cause. »

in Histoire de la guerre des Albigeois, anonyme, préfacé par François Guizot en 1824

Aujourd’hui, une fontaine y coule, que domine une statue de Diane  au visage sévère, et la place, le dimanche, est traversée de familles se rendant à la messe à Saint-Etienne, toute proche.

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Le bonhomme de pain d’épices (lecture)

Audiobook, Fables, contes, histoires et romans, Lecture à voix haute, Pour les enfants

bonhomme epice

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« Cours, cours, aussi vite que tu le peux.
Tu ne m’attraperas pas.
Je suis le bonhomme de pain d’épices ! »

Le bonhomme de pain d’épices (Gingerbread Man, en anglais) est un conte d’origine anglaise qui raconte l’histoire d’un petit biscuit en forme de pain d’épices, qui prend miraculeusement vie et qui, plein de malice, nargue tout le monde, avant de finir mangé par un renard plus rusé et coquin que lui.
C’est un conte très court mais qui pétille et fait penser à une comptine.
Les Bibous ont apprécié.
On pourra également écouter :

  • une version légèrement différente lue par Bea dans le cadre de La pensée française ;
  • Gingerbread Man lu par Natasha dans le cadre de Storynory ;
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James Ensor au Musée d’Orsay

Arts/Bazarts, En revenant de l'expo

le masque

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C’est un immense dessin fait sur un papier désormais jauni, qui est exposé comme une toile mais qui fait penser à de la bande dessinée. On y voit le Christ, juché sur un âne, et entouré d’une foule, au milieu de ce qui peut aussi bien faire penser à une kermesse qu’à une scène de l’enfer. En haut et sur les côtés des banderoles et des drapeaux ; en bas, des visages, parfois souriants et parfois grimaçants. C’est La vive et Rayonnante : l’entrée du Christ à Jérusalem, qu’on trouve à peu près au cœur de l’exposition que le musée d’Orsay consacre à James Ensor.

Belle exposition ; œuvre multiforme; curieux bonhomme. D’Ensor, je ne connaissais pratiquement que ces toiles inquiétantes représentant des personnages masqués ou à rictus, et celles mettant en scène des squelettes ou des êtres à tête de mort. Mais il y avait eu bien autre chose, avant. Il y avait eu, et je viens d’en parler, ces grands dessins fourmillant de détails et mettant le plus souvent en scène le Christ entrant dans une ville ; il y avait eu aussi cette période mystico-fantastique durant laquelle Ensor, puisant dans la même inspiration religieuse, avait peint des tableaux très colorés où il essayait de représenter la lumière et le miracle. Et avant encore, il y avait eu cette première période des vingt ans du peintre, durant laquelle il avait fait de superbes tableaux, natures mortes, scènes de genre, paysages ou portraits, représentant magnifiquement la couleur et la lumière.

C’est plus tard (si j’en crois ce que disent les livres et les catalogues d’exposition) que, blessé par l’absence de reconnaissance, par le refus de certains de ses tableaux (parmi lesquels le si beau, pourtant, Mangeuse d’huitres), et par le succès, à son sens immérité, de certains de ses confrères qu’il considérait comme moins doués que lui,  il se réfugia dans la veine grimaçante et macabre, plus personnelle, écorchée et originale, sans doute, mais plus facile aussi, sous laquelle on le connaît aujourd’hui – avant d’arrêter complètement la peinture pour se consacrer à la musique…

Il y a a, dans les tableaux nés de cette obsession de la mort et du carnaval, dans ces œuvres qu’inspire une sorte de paranoïa, un esprit de folie et une inventivité qui saisissent. Il faut pourtant découvrir le reste, l’œuvre antérieure, plus classique et bien moins étonnante mais somptueuse.

Exposition James Ensor, Musée d’Orsay – 20 octobre 2009-4 février 2010

Commissariat
Anna Swinbourne, Museum of Modem Art, New York
Laurence Madeline,
Musée d’Orsay, Paris

PS : la musique est un extrait de la Danse macabre, de Camille Saint-Saëns.

PS2 : On pourra également lire :

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Back from Black : Soulages

Arts/Bazarts, Balades parisiennes, En revenant de l'expo

Soulages 3

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Certains aimeraient – mais n’osent pas – toucher, pour voir si c’est vraiment comme de la réglisse.

D’autres se mettent à gauche, puis à droite, puis au milieu, s’accroupissent puis se dressent sur la pointe des pieds, s’extasiant sur le reflet qui bouge sur les reliefs.

Il y en a qui, plaçant leur menton au creux de leur poignet et leur coude sur leur autre bras tenu contre leur nombril, prennent l’air soucieux de celui qui cherche le sens caché des choses.

Il y en a qui affichent le visage inspiré des bienheureux que la grâce a touchés.

Il y en a d’autres, et ce sont les pires, qui pour se rassurer eux-mêmes et pour faire illusion, parlent très fort, sur un ton exalté, en disant des bêtises :  « Là ! Regarde ! C’est extraordinaire ! As-tu vu comme ce noir illumine et comme il a su capter la lumière ! C’est fort ! C’est très fort ! ».

Il y en a qui se taisent, et j’étais de ceux-là.

Je n’ai pas aimé l’exposition Soulages. Ou plutôt : j’ai aimé les premières toiles, qui racontent la découverte progressive du noir, de ses nuances et de ses textures ; j’ai aimé l’invention de l’outrenoir et les premiers peignages qu’on dirait de bitume – puis j’ai ensuite été lassé de cette technique, reprise et répétée cinquante fois, dans des toiles se faisant face et dont chacune, à la longue, paraît refléter la voisine, tout cela finissant par donner l’impression d’une décoration bien léchée, d’un truc à la Roméo (comme les meubles, pas comme Juliette) pour snobs.

Ce n’est pas Pierre Soulages qui en cause ; c’est l’exposition, ses organisateurs et les tendances de la muséographie actuelle, cette manie qu’on désormais les conservateurs et commissaires de faire dans le massif et l’exhaustif, y compris lorsque cette accumulation devient indigeste. Imagine-t-on un concert au cours duquel toutes les œuvres d’un musicien seraient jouées à la queue-leu-leu ?

Le résultat, dans le cas d’espèce, est qu’on finit lassé et vaguement dégoûté quand un choix plus sélectif aurait permis, en donnant moins à voir, de donner mieux à voir. Et c’est dommage.

PS1 : la musique qu’on peut entendre est extraite d’un morceau intitulé « Back from Black », approprié au sujet du jour. Il est tiré de la bande originale de Star Trek par Michael Giacchino.

PS2 : On pourra également lire :

Exposition Soulages – 14 octobre 2009 – 8 mars 2010, Centre national d’art et de culture Georges Pompidou

Commissaires de l’exposition : Alfred Pacquement et Pierre Encrevé.

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Le joueur de flûte de Hamelin (lecture)

Audiobook, Contes de fées, Fables, contes, histoires et romans, Lecture à voix haute, Pour les enfants

hamelin

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Le joueur de flûte de Hamelin (Der Rattenfänger, en allemand, The Pied Piper, en anglais)  est un conte allemand probablement inspirée d’une histoire vraie mais qu’on ne connaît pas. La chose se produisit en 1284 dans une ville de Basse-Saxe nommée Hamelin (Hameln, en allemand, qui a fait du joueur de flûte son symbole) et cet épisode  a donné lieu a plusieurs récits dont l’un a été recueilli par les frères Grimm.

Il s’agit d’un des contes les plus effrayants que je connaisse : il raconte l’histoire d’un joueur de flûte probablement magicien qui, après avoir, par le pouvoir de sa musique, débarrassé la ville des rats qui l’envahissaient, se voit refuser la récompense promise par la municipalité. Il reprend alors sa flûte et ce ne sont plus les oreilles des rats que celle-ci charme mais celles des enfants, de tous les enfants de la ville qui, ainsi enchantés, quittent leurs parents pour suivre le joueur de flûte qui les entraîne au cœur d’une montagne où plus personne ne les revit jamais.

Il y a, dans ce conte, des échos de peste, de croisade des enfants, de magie, de colonisation des terres vierges, des relents de villes et de peuples rendus avares et égoïstes par leur succès et leur richesse, des souvenirs de chutes dans le matérialisme et d’abandon de la morale. Il y a plein de choses pêle-mêle qui touchent et remuent ; y a aussi l’émotion qu’on ressent vis-à-vis de tous ces personnages dont on ne sait plus, au bout du conte,  s’ils sont bons ou mauvais, heureux ou malheureux, coupables ou à plaindre.

On pourra se reporter :

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Leçon de violon

Balades parisiennes, Musiques, Sons

violon

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C’était un soir de novembre, à la Schola Cantorum, ce délicieux établissement de la rue Saint-Jacques, à Paris, dont j’ai souvent parlé.

Montant l’escalier délabré qui mène à la salle de danse, j’entendis, sur le palier du premier (ou peut-être du deuxième) étage, des sons qui jaillissaient de la salle Charles Gainsbourg où se tenait, de toute évidence, un cours de violon.

Je ne pus résister à l’envie d’enregistrer ces mélodies écorchées, ces fausses notes, ces disharmonies, toutes preuves de l’imperfection du jeu, signes de l’effort et de la peine de celle ou de celui que je devinais, derrière la porte, tâchant de faire au mieux.

Que la musique est belle lorsqu’elle est bien jouée ! Mais qu’elle est tendre et touchante lorsqu’elle n’est encore qu’une ébauche et l’indice  du désir et de la tension des êtres.

A la perfection des œuvres accomplies, je préfère décidément l’esquisse.

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Chants grégoriens à la Dalbade

Cloches, Musiques, Sons, Toulouse

Dalbade

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Ma grand-mère me racontait souvent l’histoire de ce grand clocher, le plus haut de Toulouse, qui, un jour de 1926, s’était écroulé, tuant un couple de boulangers. Ce clocher était celui de Notre-Dame de la Dalbade.

Aujourd’hui, cette paroisse relève d’une prélature de l’Opus Dei (je ne suis pas bien sûr de maîtriser le concept) et ce dimanche matin, une chorale grégorienne y répétait, avant la messe.

Passant, je l’entendis.

J’entrai, l’écoutai un moment puis ressortis, à l’heure où les cloches appelaient les fidèles.

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